5 Décembre 2024

J'aurais pu raconter que je m'étais levée avec le chant des oiseaux et les rayons du soleil, prête à savourer la nouvelle journée qui s'annonçait.. mais non.


La veille, comme à mon habitude ces derniers temps, lorsque je me suis mise au lit, j'ai commencé à naviguer sur les internets avant d'aller rejoindre Morphée. Ki. à ma gauche, lovée dans mon pull en pilou-pilou, C. faisant dodo sur le fauteuil de la chambre, B. posée sur les plaids, et Ko., allongée sur moi-même.
Un cadre idyllique pour entamer cette nuit d'hiver, bien au chaud, entourée de mes petits amours.

Évidemment, et je l'ignorais encore, Ko. avait d'autres projets pour cette nuit.

Au moment même où je pose mon téléphone cellulaire sur le rebord du lit, prête à savourer quelques heures de sommeil tant attendues, Ko. se déplace, quittant ma personne, et commence par aller manger.
Jusque-là, rien de bien inquiétant, mais elle décide que c'est le bon moment pour aller gratter la porte de la penderie. Porte sur laquelle j'ai mis, la veille, une sécurité enfant afin qu'elle ne puisse plus ouvrir cette (PUTAIN) de porte, en particulier la nuit.
C'était sans compter sur les ressources imaginatives de Mémère, qui au vu de l'impossibilité d'ouvrir cette porte, s'est mise à gratter le meuble PAR-DESSOUS.
Un pschitt, deux pschitts, trois pschitts, rien n'y fait, elle reste à son poste et continue de gratter comme si sa vie en dépendait. 
Je finis par me lever, les nerfs déjà bien à vif, et la pousse plus loin, fermement mais gentiment, afin qu'elle cesse.
Bien sûr, il ne se passe pas plus de quinze secondes avant qu'elle ne recommence son manège.
Un pschitt, deux pschitts, mille pschitts. Cette fois, elle s'en va.
Je commence à m'endormir.

Je suis encore un peu consciente quand j'entend un drôle de bruit.
Je tends l'oreille. Ko. est en train de gratter l'une des chaises du salon. Ces chaises étant quasi neuves, je ne souhaite pas qu'elle les détériore, d'autant plus que le logement nous est prêté à titre gratuit. Je crie une fois. Deux fois. Le bruit cesse. Je ferme les yeux. Ça recommence. Je crie. Encore. Plus fort. C'est fini.

Encore une fois, en train de sombrer, je suis réveillée par Ko. qui gratte l'isolation que Papa a mis pour bloquer le couloir donnant à l'étage. Un cri et un pschitt. Ça cesse.
Je commence à être bien remontée et je me sens fébrile. Je suis épuisée et n'attend qu'une chose : dormir.

Seulement, Ko. n'avait pas encore mis tous ses projets à exécution.

Je sais que je me suis endormie pour de bon cette fois, car quand j'ouvre les yeux, je suis complètement groggy. J'entends gratter (encore et toujours) mais j'arrive à discerner distinctement le bruit que font des griffes grattant un carton.
Sur l'instant, je ne m'inquiète pas plus que ça, me disant que c'est pour ça que j'ai laissé des cartons à la disposition des chachats et que certains de leurs jouets sont en cartons.
Le bruit n'est pas très agréable, mais je décide de passer outre, notamment à cause d'une énorme flemmingite aigüe qui m'empêche de sortir du lit.

Bien évidemment, le bruit est constant mais surtout, il ne cesse pas. J'ai même l'impression que la cadence accélère, que l'on s'acharne sur ce pauvre morceau de carton, avec force et détermination. J'essaie d'en faire abstraction. 
D'un coup, j'ai comme un flash. Cette façon déterminée de gratter ne peut venir que de Ko., évidemment, mais cela signifie aussi qu'elle est en train de faire une connerie car elle ne joue jamais vraiment longtemps. Si elle insiste, forcément, ce n'est pas une bonne chose.

Le pschitt-pschitt à la main, les cheveux ébouriffés et les yeux injectés de sang, je me lève et me dirige vers le salon.

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(Calendrier de l'avent pour chachats achetés à Action mi-Novembre. Ils sont "exposés" depuis presque trois semaines et cela n'a posé aucun problème jusqu'à ce jour)

Il est donc quatre heures du matin quand je découvre Ko. sur ce pauvre petit calendrier de l'avent, éventré, déchiqueté. Elle a même un petit bout de carton dans la gueule, preuve de sa culpabilité.
Une bouffée de rage s'empare de moi. Une bouffée de haine, même. Je crois que Ko. le comprend très rapidement parce qu'elle détale sous les jets de mon pschitt-pschitt en miaulant à la mort.
Je saisis les calendriers (oui, parce qu'il y en a deux) et encore embrumée de sommeil et de rage, je les mets dans le frigo.
Pour expliquer ce raisonnement, je tiens à préciser que sur le moment, c'était, pour moi, la seule chose que je pouvais ouvrir sans effort (les autres placards étant soit accessibles aux chats, soit fermés par une sécurité enfant). Après avoir caché les calendriers, je retourne me coucher.

Ceci aurait pu être la conclusion d'une nuit difficile, à cause d'un chat difficile, pendant une période difficile, mais ceux qui connaissent Ko. savent déjà que l'histoire ne s'arrête pas là.

Je réussis à dormir un peu car lorsque j'ouvre de nouveau les yeux, le jour a commencé à poindre mais au vu de ma fatigue, je sais que c'est un bruit qui m'a réveillée. Mais lequel ?
Je ne tarde pas à le savoir. Ko., encore et toujours elle, miaule. 
Attention, je précise qu'elle ne miaule pas de façon toute mignonne, ce qui aurait pu provoquer chez moi un "awww" mais elle miaule comme si elle essayait d'invoquer Satan lui-même, et je pense que même lui a dû prendre peur en entendant ce genre de cris.

Je hurle un "KO. !!" qui interrompt ses miaulements sataniques. 
Pendant moins d'une minute.
Elle recommence.
Je tremble de rage et de fatigue, je suis à deux doigts de pleurer. Je crie de nouveau "KO. !!!!!!" en me levant, prête à en découdre, le pschitt-pschitt à la main.
Bien sûr, Mémère a senti que la situation prenait une tournure dangereuse et est partie se cacher d'un endroit connu d'elle seule, et je ne la trouve pas.

Pour la dernière fois, dans l'aube grisâtre de ce 5 Décembre, je me remets au lit, espérant profiter d'un peu de repos. 
Je n'entends même pas mes réveils et émerge difficilement, me demandant presque où je suis et quel jour on est. Je vois qu'il est 10h45 et j'ai la sensation d'avoir dormi dix minutes. En effet, la dernière fois que j'ai regardé l'heure à la dernière frasque de Ko., il était un peu plus de 6h30. J'ai donc loupé toute une nuit grâce à elle et ai l'impression d'avoir été rouée de coups tellement mon sommeil n'a pas été réparateur.

Le projet de la journée est simple : aller allumer tous les cierges des églises alentour pour espérer dormir six à huit heures d'affilée la nuit prochaine.

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PS : Oui, elle a l'air toute mignonne et innocente, comme ça.

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