16 Avril 2025
Il est temps de consulter le compte commun.
On est au milieu du mois. Je dois vérifier qu'il reste des sous pour certaines charges, voire même faire des courses. Les chachats ne vont pas se passer de leurs pâtées aussi facilement !
J'ai changé le code d'accès récemment.
Je n'avais aucune idée de quoi mettre, donc j'ai mis ma date de naissance.
Pas malin, en soi. On le déconseille toujours.
Je me connecte.
Il y a énormément d'argent sur le compte commun.
Beaucoup plus qu'attendu. Je me demande même d'où vient ce fric.
C'est une bonne nouvelle en soi, mais c'est suspect.
Naturellement, je clique pour avoir le détail. Vérifier d'où vient cet argent.
Je ne comprends pas.
Je ne cherche plus à savoir d'où vient l'argent.
Je cherche à comprendre pourquoi il y a des paiements Paypal adressés à des femmes.
Que des noms de femmes. Des dizaines de paiements.
Parfois, plusieurs fois par jour.
Ma tête bourdonne. Mes doigts s'engourdissent. J'ai la nausée.
Je ne veux pas comprendre.
Je me rends compte que je ne suis pas sur le compte commun. Mais sur le compte de R.
C'est encore pire.
La révélation me tord littéralement les boyaux. Je crois que je vais vomir.
Non. Pas lui. Il y a une explication. Je dois comprendre. Pas lui.
R. ne peut pas me faire ça. Pas lui. Pas lui, putain.
J'appelle M. J'ai besoin qu'on me dise que je suis complètement parano.
Que je me fais des idées. Que j'interprète mal ce que je vois.
Elle me dira que j'ai tort. Elle me dira que je suis à côté de mes pompes.
Il n'en est rien.
Je suis mise devant le fait accompli.
Elle ne sait pas quoi dire pour adoucir mon chagrin.
Je dégringole. Je suis obligée de couper la communication quelques minutes.
Je vais vomir. Je crois même que je vais crever.
Je me sens trahie. Je me sens sale. Je me sens.. en colère.
J'envoie un message à R., screenshots à l'appui. Et j'attends.
Je garde M. en ligne, histoire de m'occuper l'esprit.
J'ai besoin d'en parler, et en même temps, j'ai besoin de penser à autre chose.
Quand R. répond, j'ai l'impression qu'il m'a giflée.
Il ne nie pas. Il ne s'excuse pas.
Il explique, vaguement, comment il en est arrivé là.
Je fais un scandale. Par message.
Il est au boulot. Quand bien même, je ne souhaite pas l'appeler.
Je ne serai pas capable de m'exprimer sans crier, sans pleurer.
Mon monde s'est fissuré.
Toute cette confiance mise en R., balayée.
Je me sens trompée. Virtuellement, mais trompée quand même.
Et dire qu'on déménage après-demain.
Je suis perdue. Déboussoulée.
M., inquiète, me dit d'appeler Ch., d'abord.
J'aurais un autre avis. Et j'aurais un soutien de quelqu'un de "physique".
Ch. arrive. Il ne s'est pas passé 30 secondes avant que je m'effondre.
Je bafouille, je sanglote, mais je finis par tout lui dire.
Je suis désemparée. Elle est atterrée.
Elle appelle mon père, malgré mes supplications.
Je ne suis pas sûre de pouvoir pardonner à R., mais si mon père l'apprend, il sera persona non grata à jamais. Je ne veux pas de ça.
Parce que R. et moi, on va passer au-dessus de tout ça, tous les deux. Ca va prendre du temps, mais on va y arriver. Et je ne veux pas que mon père le déteste.
Mon père arrive.
S'ensuit un intense moment de discussion. Je pleure, je crie, je déverse toute ma colère sur eux, bien qu'ils n'y soient pour rien. Dès qu'ils disent quelque chose qui me chagrine, je crie.
Je finis par une crise de panique, dont je ne vois pas le bout.
J'ai l'impression de crever.
Entre temps, R. a continué de m'écrire. Mais ce ne sont pas les messages que j'attends.
Il est presque dans l'invective. Me reproche des choses.
Je ne suis pas parfaite, mais là, c'est lui qui a merdé, c'est lui qui devrait ramper devant moi pour chercher mon pardon.
Est-il possible qu'il ait envie d'en finir avec nous ?
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